Quand prendre soin du corps soutient aussi le mieux-être
Et si prendre soin de sa santé mentale passait aussi par le corps?
Stress, sommeil perturbé, tensions, fatigue, douleur… notre état psychologique et notre état physique s’influencent constamment. Sans traiter les troubles de santé mentale, la massothérapie peut s’inscrire comme approche complémentaire de mieux-être, notamment en favorisant la détente et en aidant à diminuer certaines manifestations physiques associées au stress.
Au Québec, en 2024, 21 % des adultes considéraient la plupart de leurs journées comme assez ou extrêmement stressantes (Statistique Québec). Un chiffre qui donne une idée assez juste de ce qui s’assoit, chaque semaine, sur les tables de massage de la province.
Quel rôle le massothérapeute peut-il réellement jouer en matière de santé mentale?
Ce que la recherche permet réellement de dire
Il faut le dire d'entrée de jeu : la massothérapie n'est pas un traitement des troubles de santé mentale. Mais la littérature scientifique sur ses effets complémentaires est plus solide qu'on ne le pense souvent.
Une méta-analyse publiée en 2024 par une équipe de chercheurs allemands et néerlandais a passé en revue 56 études portant sur les interventions tactiles, en majorité la massothérapie, auprès de près de 2 500 participants. Les résultats montrent une régulation du cortisol ainsi qu'une réduction de la douleur, du sentiment dépressif et de l'anxiété chez les adultes. D'autres travaux, menés au fil des dernières années auprès de populations variées (personnel infirmier, personnes hospitalisées, personnes âgées, patients en traitement contre le cancer), pointent dans la même direction : le massage est associé de façon assez constante à une diminution du stress perçu et de l'anxiété.
Ce qu'il faut retenir, c'est la nuance : ces effets sont réels, mais ils sont documentés comme un soutien complémentaire, pas comme une solution en soi. Rien ne remplace un suivi avec un professionnel de la santé mentale lorsque c'est ce dont une personne a besoin — et c'est justement ce qui distingue une pratique responsable d'une pratique qui promet trop.
Quand le stress s'installe sur la table
Les clients ne déposent pas uniquement leurs tensions musculaires sur la table. Ils arrivent parfois fatigués, stressés, surchargés, en période de changement, ou simplement avec le besoin de ralentir.
Le stress a une façon bien à lui de se loger dans le corps : une mâchoire serrée, des épaules qui remontent vers les oreilles, un souffle court, une respiration qui reste haute dans la poitrine, des tensions diffuses dans le bas du dos ou la nuque. Ce sont souvent ces signaux physiques, plus que les mots, qui racontent l'état réel d'une personne au moment où elle s'allonge.
Pour le massothérapeute, savoir reconnaître ces manifestations — sans les interpréter comme un diagnostic — fait partie du métier. C'est une forme d'écoute qui passe par les mains avant de passer par les mots.
La valeur d'un espace calme et d'un toucher sécurisant
Dans une vie qui va vite, une salle de massage est l'un des rares endroits où on n'a rien à performer, rien à répondre, rien à gérer. Juste être là, dans son corps.
Cet espace — la lumière tamisée, le silence, le rythme lent des gestes, la prévisibilité du soin — a une valeur en soi. Il signale au système nerveux qu'il peut, pour un temps, baisser la garde. Le toucher professionnel, encadré et respectueux, y ajoute quelque chose que peu d'autres contextes offrent : une présence physique sécurisante, sans attente, sans jugement.
C'est souvent dans ce climat de sécurité que les gens se permettent de ralentir vraiment — et parfois aussi de se confier.
Les limites du rôle du massothérapeute
C'est ici que se joue peut-être l'enjeu le plus délicat du métier : comment accueillir ce qu'un client raconte sans chercher à diagnostiquer, conseiller ou « traiter » sa santé mentale?
Quand simplement écouter. Beaucoup de ce qui se dit sur la table n'appelle pas de réponse — seulement une présence. Un client qui parle d'une semaine difficile n'a pas besoin qu'on résolve quoi que ce soit ; il a besoin d'être entendu pendant qu'il reçoit son soin.
Quand ramener la conversation au cadre du soin. Le massothérapeute n'est pas là pour analyser une situation de vie, poser un diagnostic ou offrir une thérapie. Ramener doucement l'attention vers le corps, la respiration, les sensations du moment présent permet de rester dans le rôle pour lequel on est formé et compétent — sans minimiser ce que la personne vient de partager.
Quand encourager à consulter. Certains signaux — une détresse qui semble dépasser le cadre d'un mauvais moment, des propos qui inquiètent, une souffrance qui revient soin après soin — méritent d'être nommés avec délicatesse, et accompagnés d'une invitation à consulter un ou une professionnel(le) de la santé mentale. Ce n'est pas un échec du soin ; c'est en reconnaître les limites, et c'est aussi, en soi, une forme de bienveillance.
6 bienfaits du massage qui soutiennent la santé mentale
1. Apaise le stress Favorise un état de détente et aide à réduire la tension ressentie.
2. Peut diminuer l'anxiété Le massage peut contribuer à atténuer certains symptômes d'anxiété et favoriser un sentiment d'apaisement.
3. Favorise un meilleur sommeil La relaxation procurée par le massage peut faciliter le repos et soutenir la qualité du sommeil.
4. Aide à relâcher les tensions physiques Le stress peut aussi s'exprimer dans le corps : mâchoire serrée, épaules tendues, inconforts musculaires, etc.
5. Favorise la reconnexion au corps Un moment de calme et de toucher professionnel peut aider à ramener l'attention vers les sensations corporelles et le moment présent.
6. Crée une véritable pause S'accorder un soin, c'est aussi s'offrir un espace où ralentir, décrocher et prendre soin de soi.
Sources : méta-analyse de Packheiser et al. (2024, revue systématique portant sur 56 études) ; Fédération québécoise des massothérapeutes agréés ; Statistique Québec, « Stress quotidien », 2024.

