Microplastiques dans le sang et le sperme

Microplastiques dans le sang et fertilité masculine : ce que révèle l’expérience du biohacker Bryan Johnson

Les microplastiques sont désormais partout : dans l’air, l’eau, l’alimentation… et même dans le corps humain. Sang, poumons, placenta : leur présence soulève de plus en plus de questions scientifiques. Plus récemment, un domaine sensible s’est ajouté à la liste : la fertilité masculine. C’est dans ce contexte que le biohacker américain Bryan Johnson a fait parler de lui en affirmant avoir réduit drastiquement la quantité de microplastiques présents dans son sperme.

Connu pour ses expériences extrêmes visant à ralentir le vieillissement et à « optimiser » son corps, Bryan Johnson, 48 ans, a partagé en octobre 2025 des données issues de ses propres analyses biologiques. Selon ses déclarations, la concentration de microplastiques dans son éjaculat serait passée de 165 particules par millilitre en novembre 2024 à seulement 20 particules par millilitre en juillet 2025, soit une réduction d’environ 85 à 88 %.

Le sauna, au cœur du protocole

La méthode principalement mise en cause par Johnson est l’utilisation intensive du sauna sec à haute température. Son protocole :

  • 15 séances de sauna très chaud (environ 93 °C / 200 °F)

  • Réparties sur huit mois

Selon lui, cette pratique aurait non seulement diminué les microplastiques présents dans son sperme, mais aussi dans son sang (jusqu’à 86 % de réduction). Il affirme également avoir éliminé certaines substances chimiques associées aux plastiques, comme les phtalates et le perchlorate, connues pour leur potentiel perturbateur endocrinien.

Le mécanisme avancé repose sur deux phénomènes bien connus :

  • La sudation intense, qui permet l’élimination de certains polluants

  • La vasodilatation, qui favoriserait la mobilisation et l’évacuation de toxines stockées dans les tissus

Ce que dit la science… et ce qu’elle ne dit pas encore

Si l’hypothèse est séduisante, les experts appellent à la prudence. La transpiration est effectivement reconnue comme une voie d’élimination pour certains métaux lourds et composés chimiques, mais le cas des microplastiques est plus complexe. Ces particules sont souvent trop volumineuses pour être excrétées directement par la sueur. En revanche, le sauna pourrait aider à éliminer les substances chimiques libérées par les plastiques, réduisant ainsi la charge toxique globale et l’inflammation.

Autre point important : les données de Bryan Johnson reposent sur un seul individu (N=1) et n’ont pas encore été publiées dans une revue scientifique avec comité de lecture. Elles sont donc considérées comme prometteuses, mais non concluantes.

Enfin, un paradoxe subsiste. Si le sauna peut contribuer à réduire l’exposition à certains toxines, la chaleur excessive est connue pour nuire temporairement à la production de spermatozoïdes. Toute approche de ce type devrait donc être soigneusement dosée et encadrée.

Une piste, pas une solution miracle

En résumé, l’expérience de Bryan Johnson met en lumière un enjeu émergent : l’impact des microplastiques sur la santé reproductive masculine. Elle suggère que certaines pratiques, comme le sauna, pourraient contribuer à réduire la charge toxique de l’organisme. Toutefois, des recherches scientifiques rigoureuses sont encore nécessaires pour confirmer ces effets, comprendre les mécanismes exacts et établir des protocoles sûrs et efficaces.

Entre biohacking, prévention environnementale et santé reproductive, une chose est claire : le corps humain devient un nouvel indicateur de l’empreinte plastique de notre mode de vie.

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