Épicondylite : comprendre, accompagner, référer avec discernement

L’Epicondylitis, souvent associée au “tennis elbow”, est une condition fréquente rencontrée en massothérapie.

Bien qu’elle soit populaire chez les joueurs de tennis, elle touche surtout les personnes exposées à des mouvements répétitifs de préhension et d’extension du poignet : travailleurs manuels, employés de bureau, musiciens… et parfois même des massothérapeutes.

Rappel important :
Le massothérapeute ne pose pas de diagnostic.
Notre rôle est d’observer, documenter, accompagner et référer

Comprendre le mécanisme

L’épicondylite latérale est généralement associée à une surcharge des tendons des muscles extenseurs de l’avant-bras, particulièrement au niveau de leur attache sur l’épicondyle latéral de l’humérus.

Il s’agit le plus souvent :

  • d’un phénomène de microtraumatismes répétés

  • d’une surcharge mécanique

  • d’un manque de récupération

Avec le temps, la zone peut devenir sensible, inflammée ou dégénérative selon le stade.

Signes fréquemment observés

Sans établir de diagnostic, certains éléments peuvent attirer l’attention :

  • Sensibilité au toucher sur la partie externe du coude

  • Douleur augmentée lors de la prise d’objets

  • Inconfort lors de l’extension résistée du poignet

  • Faiblesse fonctionnelle de l’avant-bras

La douleur peut irradier vers l’avant-bras et s’intensifier avec l’activité répétitive.

Effets à long terme si la condition persiste

Lorsqu’elle n’est pas prise en charge adéquatement, une surcharge chronique peut entraîner :

  • Installation d’un cycle douleur–compensation

  • Diminution de la force de préhension

  • Limitation fonctionnelle dans les activités quotidiennes

  • Chronicisation des symptômes

Une adaptation posturale peut aussi créer des tensions secondaires à l’épaule ou au cou.

« La prévention n’est pas un luxe. La planification fait partie de la prévention. C’est une responsabilité professionnelle. »
— Masso'preneurs

Le rôle du massothérapeute

L’accompagnement peut inclure :

✔ Travail des tissus mous de l’avant-bras
✔ Diminution des tensions myofasciales
✔ Approche globale de la chaîne musculaire
✔ Éducation sur la récupération et la modulation des charges

L’objectif n’est pas de “traiter l’épicondylite”, mais de :

  • Soutenir la fonction

  • Diminuer les tensions

  • Favoriser la circulation

  • Encourager la récupération

Et, au besoin, collaborer avec d’autres professionnels de la santé.

Quand référer ?

Une référence est indiquée si :

  • La douleur est persistante ou aggravée

  • Il y a perte marquée de force

  • Les symptômes durent plusieurs semaines sans amélioration

  • Des signes neurologiques apparaissent

La collaboration interdisciplinaire protège le client… et le massothérapeute.

« Les douleurs au coude liées aux mouvements répétitifs sont fréquentes.
Une prise en charge précoce, une adaptation des gestes et une récupération adéquate peuvent faire toute la différence. »

 

Et si le massothérapeute était aussi concerné ?

Les gestes répétitifs, la pression soutenue, les prises statiques prolongées et le volume horaire élevé exposent les massothérapeutes à une surcharge des muscles extenseurs de l’avant-bras.

Prendre soin de ses clients, oui.
Prendre soin de ses propres tendons, aussi.

Signaux à ne pas ignorer chez le masso

  • Sensibilité au toucher sur la partie externe du coude

  • Fatigue rapide de la main dominante

  • Perte de force en fin de journée

  • Sensation de tension persistante dans l’avant-bras

Ignorer les premiers signaux augmente le risque de chronicisation.

« Un coude souffre souvent… quand l’épaule ne participe pas assez. »
— Masso'preneurs

Auto-soins et prévention pour massothérapeutes

Un massothérapeute qui protège ses tissus protège aussi la qualité de ses soins à long terme.

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