Fascia : Tendances actuelles

Des avancées conceptuelles grâce à Porges et sharkey

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Un texte de BetsyAnn baron

Ils travaillaient en parallèle et maintenant leurs concepts se complètent.
En tant que membre du Fascia research Society je suis au premières loges pour témoigner des nouveaux concepts qui émergent vis à vis la compréhension du corps humain.
Eh oui, cette compréhension du corps est toujours en évolution, et voici des concepts actuellement portés par des chercheurs tels que Dr Stephen Porges et John Sharkey et qui échangent ensemble pour mieux appréhender les fonctionnements de l'être.


La neuroception définie selon Porges est la capacité automatique et inconsciente de notre système nerveux à détecter, à chaque instant, si notre environnement et les personnes autour de nous sont sécurisants, neutres ou menaçants.
C’est un processus biologique, non volontaire, qui se produit avant même que nous devenions conscients de ce que nous ressentons. Notre corps « scanne » en continu les sons, les expressions faciales, les postures, les mouvements, les signaux internes du corps, et ajuste notre état physiologique en conséquence (repos, alerte, protection, shutdown…).
Elle nous informe si nous nous trouvons en présence de sécurité, d’incertitude ou de menace. Cette lecture instantanée ne passe pas par la pensée : elle mobilise nos sens, notre posture, notre respiration — et même nos tissus, comme le fascia. Le fascia, justement, possède une nature dite stochastique (fluctuante) .


« Le champ sensoriel du fascia ne fournit pas des informations identiques chaque fois. Le fascia constitue un environnement de signaux dynamique et dépendant du contexte. »

a observé John Sharkey. Ces signaux ne sont jamais identiques : ils varient selon notre état émotionnel, notre niveau de stress, notre hydratation, notre mouvement. Cette variabilité, selon John Sharkey loin d’être un défaut, servirait de base à l’adaptation du système nerveux. Elle créerait toujours selon Sharkey ce « ton pré-vagal » qui influencerait la lecture des signaux de sécurité ou de danger par le nerf vague.
Autrement dit, notre corps ressentirait, anticiperait et ajusterait son état avant même que nous ayons pris conscience de quoi que ce soit.


Dans cette perspective, le nerf vague ne partirait jamais d’une page blanche : il hérite de l’atmosphère tissulaire préexistante dans le fascia, puis l’intègre, l’amplifie ou l’ajuste, avant de la redistribuer à l’ensemble de l’organisme. On pourrait dire que la neuroception joue sa partition sur une scène dont l’éclairage émotionnel est déjà réglé par le fascia.
Comprendre cette dynamique — fascia variable, neuroception en alerte — aiderait les thérapeutes à mieux accompagner les réactions émotionnelles ou physiologiques qui émergent spontanément en séance et à reconnaître les signes qui suggèrent de référer un patient à un autre professionnel ; à intervenir avec sensibilité lorsqu’un client manifeste une réponse émotionnelle spontanée ; à comprendre comment le tissu, le système nerveux et l’émotion dialoguent en continu.

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