10 mini poèmes sur le massage
1. Le langage des mains
Les mains savent
ce que les mots ignorent.
Elles avancent doucement
sur les chemins du corps,
écoutent les tensions,
apaisent les silences.
Un geste,
puis un autre.
Et peu à peu,
le corps se souvient
qu’il sait respirer.
2. Une heure pour soi
Fermer les yeux.
Laisser dehors
le téléphone,
les rendez-vous,
les listes,
le bruit du monde.
Une heure seulement
où personne ne demande rien.
Une heure
pour respirer,
pour ralentir,
pour revenir
à soi.
3. Sous les mains
Sous les mains
la peau devient paysage.
Ici, une montagne de tension.
Là, une rivière qui reprend son cours.
Les doigts suivent
les reliefs du corps
avec patience.
Et quand les mains s’éloignent,
quelque chose demeure :
un peu plus d’espace
à l’intérieur de soi.
4. Le silence
Il y a un silence
qui n’est pas vide.
Celui d’une pièce calme,
d’une respiration qui ralentit,
d’une musique presque effacée.
Dans ce silence,
les mains parlent.
Elles disent :
Tu peux déposer.
Tu peux souffler.
Tu peux simplement
être là.
5. Le rendez-vous
On croit prendre
un rendez-vous pour un massage.
Mais parfois,
on prend rendez-vous
avec soi-même.
On arrive pressé,
la tête pleine,
les épaules chargées.
Puis le temps ralentit.
Et pendant quelques instants,
on n’a plus rien à faire
sinon respirer.
6. L’art du toucher
Toucher est un art.
Il faut savoir
quand avancer,
quand ralentir,
quand écouter.
La main ne force pas.
Elle cherche,
elle accompagne,
elle répond.
Car masser,
ce n’est pas seulement
faire un geste.
C’est être attentif
à celui qui le reçoit.
7. Après
Après le massage,
il y a parfois
un drôle de silence.
Le corps semble plus vaste.
Les épaules ont descendu
d’un petit degré.
La respiration
a trouvé davantage de place.
On se relève doucement,
comme si le monde
pouvait attendre
encore quelques minutes.
8. Les mains qui écoutent
Certaines mains
ne se contentent pas de toucher.
Elles écoutent.
Elles reconnaissent
la tension cachée,
le mouvement retenu,
la respiration courte.
Elles ne parlent pas.
Elles répondent.
Et dans cette conversation silencieuse
entre les mains et le corps,
quelque chose
se détend.
9. Pause
Le monde court.
Nous aussi.
Alors parfois,
il faut s'arrêter.
S'allonger.
Fermer les yeux.
Sentir une main
qui accompagne le mouvement
plutôt que de le brusquer.
Respirer.
Et découvrir
que prendre une pause
n'est pas perdre du temps.
C'est en retrouver.
10. Merci, les mains
Merci aux mains
qui savent ralentir.
À celles qui travaillent
avec attention,
qui cherchent sans brusquer,
qui accueillent sans juger.
Merci aux mains
qui offrent un moment
où l'on peut simplement
déposer le poids de la journée.
Car parfois,
le plus beau soin
ne fait pas de bruit.
Il commence
par un toucher.

